jeudi 26 janvier 2012

Premier mars

Premier mars.

Je suis chez toi, à Ménilmontant.

Je ne peux pas venir ici. Chaque fois que j'y vienne je pense à toi, à nous, à cette merveilleuse semaine de février, juste avant mon anniversaire. À Nation, je prenais la ligne 2, la bleue, et à chaque arrêt j'attendais le moment de te retrouver. Maintenant je suis dans le 96 et je vois ta fenêtre, celle qui cache une chambre où je t'ai aimé, où nous nous sommes aimés comme si c'était pour la vie.

Un an après je voudrais retourner à cette semaine de soleil, à toi, à nous, à toutes ces promesses inaccomplies d'un amour éternel. Je t'aime encore, je t'aime toujours.

Ménilmontant sera toujours là, toujours toi, toujours nous.

Il fait gris, comme d'habitude. La pluie commence à tomber faiblement. Je vois un soleil timide que de temps en temps se découvre avec pudeur. C'est dimanche, onze heures du matin ; les rues sont calmes et désertes. Aujourd'hui, ton absence me fait peur. Pourtant tu es comme une poupée dont je n'ai plus besoin.

C'est une mensonge. J'en ai énormément besoin, j'en aurai toujours, mais je n'en veux plus.

Je veux rester toute seule à Paris pourqu'elle puisse s'excuser envers moi.

(mars 2009)

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